Friday 15 November 2019
Politique

Mgr Kpodzro soutient l’opposition dans la création de deux commissions

 

Table-ronde d’échanges avec les acteurs politiques de l’opposition sur la situation politique au Togo. Entre autres points à l’ordre du jour, les participants ont discuté de la possibilité de négociations entre le pouvoir et l’opposition pour l’amélioration du cadre électoral en vue de l’organisation du scrutin présidentiel de 2020. Les discussions ont permis la création de deux commissions.

La nation togolaise à besoin de l’Etat de droit. Elle a besoin de ses fils pour le bien-être de tous. C’est le constat qui a guidé la tenue, le vendredi 25 octobre 2019, d’une rencontre d’échanges entre les acteurs politiques de l’opposition et l’ancien président de la Conférence nationale souveraine, Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro.

Dans son mot introductif, l’Archevêque émérite de Lomé a fait la situation sociopolitique du pays à l’approche de la présidentielle de l’année prochaine. « Il n’est plus un secret pour personne que notre pays le Togo se trouve à nouveau à la croisée des chemins avec en ligne de mire l’incontournable élection présidentielle de 2020, génératrice de vives tensions devenues quasi traditionnelles et de déchirements exacerbés entre les acteurs politiques de l’opposition d’une part et ceux des tenants du pouvoir dictatorial bientôt sexagénaire et les opposants d’autre part », décrit-il.

Sur la base de ce constat, le prélat rappelle que l’atmosphère sociopolitique et économique du pays devient de plus en plus crispée au fur et à mesure que l’on se rapproche l’échéance électorale. Il précise qu’il s’agit d’« un rendez-vous fatidique généralement sujet à des controverses voire des confrontations et des échauffourées débouchant sur des bains de sang assortis de mort d’hommes ». Ce qui laisse sceptiques nombre d’observateurs avisés des réalités de notre pays, « quant aux issues de cette énième mascarade électorale dont les résultats sont connus d’avance ».

Si cette rencontre est organisée, c’est aussi parce que Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro se sent interpellé et préoccupé par l’attitude des acteurs de la classe politique de l’opposition « qui ne semblent pas avoir tiré des leçons du passé ». Alors qu’il réaffirme son statut de « pasteur de Jésus-Christ qui donne sa vie pour sauver le troupeau de Dieu », celui qui s’est engagé pour la cause du peuple togolais rappelle qu’il n’est pas un  mercenaire.

Cette nouvelle démarche vise, non pas à opposer les tendances de l’opposition entre elles, mais à  « tenter un rapprochement entre les positions certes légitimes, mais suicidaires à la lumière des graves enjeux de l’heure face à un adversaire coriace, sans cœur, au dessein machiavélique ». Un adversaire qui, souligne l’archevêque, n’entend résolument rien concéder à ceux qui, les mains nues au mépris de leurs vies, osent élever leurs voix pour défendre la cause du peuple flagellé, méprisé et spolié. «Je voudrais plutôt vous réunir autour de questions qui semblent fondamentalement vous préoccuper tous, à juste titre, car sans la transparence du prochain scrutin, aucune des formations politiques si riche et populaire soit-elle, ne saurait remporter les élections. D’où la nécessité d’une concertation entre vous en vue de vous accorder sur les voies et moyens nécessaires à mettre en œuvre pour l’atteinte des résultats attendus de longue date par tous », martèle-t-il.

Il faut le dire, la rencontre à laquelle ont participé plusieurs partis politiques et des candidats déclarés à la prochaine élection présidentielle n’a pas été vaine. Lors des discussions, les participants ont décidé de la mise en place de deux commissions, en vue d’une meilleure organisation de la présidentielle de 2020. A la première commission est confiée la tâche de travailler sur les conditions de transparence du scrutin. A la seconde, celle de réfléchir aux mécanismes à mettre en place pour amener le gouvernement à opérer les réformes essentielles. Elles sont relatives à la recomposition des institutions impliquées dans le processus électoral dont la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi qu’à l’audit du fichier électoral, entre autres.

Boss Shalino

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