Friday 13 December 2019
International

France : Cinq moments-clés de la présidence de Jacques Chirac

De son élection en 1995 à son départ de l’Elysée en 2007, voici les moments forts qui ont marqué ses deux mandats.

La carrière politique de Jacques Chirac est longue et ponctuée de rebondissements. Il a tour à tour été député de Corrèze, maire de Paris, Premier ministre… Mais les douze années pendant lesquelles il a été président de la République restent les plus marquantes. Après le décès de l’ancien président, jeudi 26 septembre, Franceinfo revient en vidéo sur cinq moments-clés de cette période.

1. Son élection, le 7 mai 1995

Il était arrivé en deuxième position au premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril 1995, avec 20,8% des voix, derrière Lionel Jospin (23,3%). Mais au second, Jacques Chirac s’impose largement face au candidat PS, avec 52,6% des suffrages. Il rompt ainsi avec les deux septennats socialistes de François Mitterrand.
Le soir de sa victoire, Jacques Chirac attend les résultats dans son bureau, à l’Hôtel de ville de Paris. Il est maire de la capitale depuis 1977. Il prend la parole depuis un salon de l’édifice. Son discours est retransmis en direct sur un écran géant installé place de la Concorde.

Jacques Chirac se rend ensuite en voiture à son QG, avenue de Iéna, situé dans le 16e arrondissement de Paris, avec sa femme Bernadette à ses côtés. Il est suivi par les motos des journalistes. L’un d’eux, Benoît Duquesne, reporter pour France 2, ne ménage pas sa peine pour arracher quelques mots au nouveau président. Mais celui-ci refuse de parler. Cette course-poursuite est une première, et reste un moment fort dans les annales de la télévision.

2. La passation de pouvoir avec Mitterrand, le 17 mai 1995

Dix jours après avoir été élu, Jacques Chirac prend ses fonctions, le 17 mai 1995. La passation de pouvoir avec son prédécesseur, François Mitterrand, est symbolique. Le nouveau président de la République a été, entre 1986 et 1988, le Premier ministre du chef d’Etat socialiste, une période émaillée de très fortes tensions. Les deux hommes échangent une poignée de main sur le perron de l’Elysée, devant les photographes. Les flashs crépitent.
L’image est d’autant plus forte que Jacques Chirac expliquera plus tard, dans le premier tome de ses mémoires, Chaque pas doit être un but, qu’il a bénéficié du son soutien indirect de François Mitterrand.

3. Son discours au Vélodrome d’Hiver, le 16 juillet 1995

Un peu plus de deux mois après son élection, Jacques Chirac prononce un discours qui va rester dans l’histoire. Il s’exprime devant les représentants de la communauté juive, lors de la cérémonie commémorant la rafle du Vel’d’hiv’ des 16 et 17 juillet 1942.
« Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français », déclare Jacques Chirac. Les mots sont simples, mais pour la première fois, un président de la République reconnaît la responsabilité de l’Etat français dans la déportation et l’extermination de juifs durant la seconde guerre mondiale. « On ne pensait pas entrer dans l’Histoire », avoue plus tard, Christine Albanel, qui était sa « plume » à l’époque.

4. Sa réélection en 2002 face à Jean-Marie Le Pen

Au terme de son premier mandat, Jacques Chirac s’attendait à nouveau à être opposé à Lionel Jospin, devenu depuis 1997 son Premier ministre. Mais le 21 avril 2002, à l’issue du premier tour de la présidentielle, le président du Front national Jean-Marie Le Pen crée la surprise en éliminant Lionel Jospin avec 195 000 voix de plus que le socialiste. Au second tour, il obtient 17,79% des voix contre 82,21% à Jacques Chirac.

Le président sortant est donc réélu le 5 mai 2002, grâce à la force du front républicain. Dans l’entre-deux-tours, de nombreuses manifestations avaient été organisées pour appeler à faire barrage au FN.

5. Son discours d’adieu, le 11 mars 2007

Jacques Chirac tire sa révérence en politique au terme de son deuxième mandat. Après avoir fait durer le suspense, il décide de ne pas se représenter. Il annonce sa décision dans un message enregistré depuis l’Elysée, le 11 mars 2007. Son message est teinté d’émotion. Notamment lorsqu’il déclare, à la fin de son allocution : « Pas un instant, vous n’avez cessé d’habiter mon cœur et mon esprit. Pas une minute, je n’ai cessé d’agir pour servir cette France magnifique. Cette France que j’aime autant que je vous aime. »

Ce discours de dix minutes a été maintes fois remanié, raconte la journaliste du Monde Béatrice Gurrey, dans son livre publié le 19 janvier 2015, Les Chirac, les secrets d’un clan. Il a fallu 106 moutures pour parvenir à la version finale.

 

Avec franceinfo

Joëlinho

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