Friday 15 November 2019
Afrique

Forum Russie-Afrique: Nathalie Yamb, « L’Afrique francophone est encore aujourd’hui en octobre 2019, sous le contrôle de la France »

Mamadou Koulibaly était invité à Sotchi par le Président russe Vladimir Poutine pour prendre part au Sommet Russie-Afrique. Le Président de Lider avait à ses côtés Nathalie Yamb, sa Conseillère exécutive, qui fut une brillante intervention sur les urgences de développement de l’Afrique francophone, la souveraineté sur les valeurs africaines et le rôle que la Russie peut jouer. Lors de sa prise de parole, l’opposante ivoirienne a littéralement démonté le système françafricain et ses méfaits sur le développement des pays francophones.

Indépendance de l’Afrique, Nathalie Yamb appelle Poutine au secours
Le Forum Russie-Afrique s’est tenu les 23 et 24 octobre à Sotchi. Plus d’une quarantaine de Chefs d’État et de gouvernement africains étaient effectivement présents à ce Sommet pour booster la coopération russo-africaine. Aussi, Nathalie Yamb, collaboratrice de Mamadou Koulibaly, ancien ministre de l’Économie et des Finances, par ailleurs ancien Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, a tenu à exprimer les « aspirations à la liberté, à la dignité, à la justice et à la propriété » du peuple africain.

Dénonçant l’omniprésence de la France dans les relations franco-africaines, Nathalie Yamb a déclaré : « Après l’esclavage, la colonisation, la pseudo indépendance, on ne nous a reconnu que le droit d’être libre, mais seulement, au sein de l’enclos français. L’Afrique francophone est encore aujourd’hui en octobre 2019, sous le contrôle de la France. La France considère toujours le continent comme sa propriété. »

Poursuivant, Madame Yamb s’insurge contre le fait que la France continue de parler au nom de l’Afrique dans les Institutions internationales : « Les peuples d’Afrique, et particulièrement la jeunesse, revendiquent pourtant avec de plus en plus de vigueur, leur besoin de démocratie, leur droit à l’autodétermination, leur droit de décider avec qui ils veulent commercer, avec quoi ils veulent payer ce commerce, sans qu’on les place sous la tutelle d’une ex-puissance coloniale qui se place sur la scène internationale comme notre avocat. »

À l’instar de son leader, elle a par ailleurs fustigé le Franc CFA, la monnaie des pays francophones issue de la Colonisation. « Nous voulons sortir du Franc CFA que Paris, avec ses laquais africains, veut pérenniser sous l’appellation ÉCO, et qui ne permet aucune industrialisation de l’Afrique francophone. La conquête de notre souveraineté monétaire est capitale. Car la seule stabilité que le Franc CFA garantit aux pays qui l’utilisent sont la mauvaise gouvernance, la pauvreté et la corruption », a-t-elle déclaré.

Puis, elle ajoute : « Nous voulons le démantèlement des bases militaires françaises, qui, sous le couvert d’accord de défense bidon, ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rébellion, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos États. Nous refusons que la France continue d’usurper la voix de l’Afrique à l’ONU, qu’elle soit à la base de quasiment toutes les résolutions concernant le continent. »
« Les pays d’Asie ont appris à commercer avec les investissements directs étrangers, alors que nous, on nous saoûle avec l’aide publique au développement. Résultat : aujourd’hui, eux, ils sont BRICS et émergents, et nous, nous sommes des mendiants qui sommes très fiers d’être qualifiés de Pays pauvres très endettés (PPTE). Cela doit changer. Cela va changer, et la Russie a un rôle à jouer dans cette évolution », a-t-elle plaidé auprès de Vladimir Poutine, l’hôte et l’initiateur de cette rencontre.

Joëlinho

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